Les étincelles invisibles, de Elle McNicoll

Dernière mise à jour : 29 mai

"je perçois les choses avec plus d’intensité. Les sons, les images. J’entends les gens marcher dans la rue, même sans tendre l’oreille. Je vois des tout petits détails que les autres ne voient pas. J’analyse les choses différemment. [...] quelquefois j’ai beaucoup de mal à « lire » les visages des autres. Parfois, s’ils ne sont pas sincères, je ne comprends pas."


Les étincelles invisibles

Elle McNicoll


Edition

L'école des loisirs


Parution

15 Octobre 2021


Pages

208






 

Résumé :


Addie est autiste. Lorsqu'elle apprend en cours d'histoire que sa petite ville de Juniper a persécuté, torturé et exécuté au Moyen Âge des dizaines de sorcières, elle est bouleversée. Ces femmes accusées de sorcelleries n'étaient-elles pas autistes ou neuroatypiques comme elle ? Victime de brimades en classe, Addie se sent particulièrement concernée par leur sort. Elle décide de mener campagne pour que la ville de Juniper rende hommage à ces sorcières injustement traitées.


 

Mon avis :


C'est un coup de cœur !!!

C'est ma toute première chronique, et elle parle d'un livre qui m'a beaucoup touché.


"Addie est autiste."


C'est un sujet qui, en plus de me passionner, est très peu représenté dans la littérature jeunesse et dans la littérature en général. La narration est superbement écrite du point de vue d'Addie et on rentre très rapidement dans l'histoire grâce à la plume légère de l'autrice et aux personnages tous très attachants (malgré les a priori que l'on peut avoir sur certains au début de l'histoire).


En plus d'aborder le sujet de l'autisme, l'auteure traite de nombreuses thématiques comme la différence en général, le harcèlement scolaire, les conflits fraternels , et bien d'autres. Tout cela à travers une héroïne à la motivation sans failles et aux convictions profondes malgré son jeune âge.


Tout au long de l'histoire, l'équilibre entre dialogues et descriptions est très bien maintenu, et le style d'écriture de l'auteure étant très épuré ( c'est aussi due à l'âge du personnage principal ) le livre est très rapide mais très agréable à lire.


Ce qui est génial, c'est qu'aucun des personnages ne m'a laissé indifférente.

J'ai haï Mlle Murphy, son enseignante, déjà parce qu'elle était détestable, mais surtout parce que je sais que le monde est rempli de "Mlle Murphy" dans la réalité. Et c'est désolant. La sœur d'Addie, Keedie, est probablement la personne la plus admirable de tout le récit, et elle est autiste, elle aussi. contrairement à sa sœur jumelle, Nina. Mais je vous laisse vous faire votre propre opinion sur cette dernière.

La seule chose que j'ai à déplorer, c'est peut-être que les parents d'Addie ne soient pas plus importants dans l'histoire. Mais je ne suis pas sûre que ça aurait été nécessaire, et on s'intéresse sûrement d'autant plus à la relation entre Addie et Keedie, alors qu'ils auraient risqué d'y faire de l'ombre.


Plusieurs fois dans le livre, Addie se demande si ces femmes accusées à tort de sorcellerie au Moyen-âge, n'étaient-elle pas juste neuroatypiques, comme elle, à travers un tas d'arguments très justes, comme le fait que les gens on peur de ce qu'ils ne comprenne pas, y compris des humains. Parce que si elle avait vécu au Moyen-âge, on l'aurait surement traité de sorcière, Addie. Parce qu'elle pense différemment, qu'elle voit une multitude de nuances de noir et de blanc, là ou les autres ne voient que du gris.

Parce qu'elle est "trop sensible", "trop émotive", "trop affectives", "trop différente".

Trop.

Jamais "plus".


Parce que Addie a besoin d'être seule, parfois.

Parce qu'elle est condamnée à faire semblant quand elle ne l'est pas.



Ça sonne comme un témoignage, quand on sait que l'auteure elle-même est neuroatypique. Il y a une phrase d'Addie qui m'a particulièrement marqué :


"Je ne suis pas atteinte d'autisme, je suis autiste."

Une phrase qui peut paraitre toute simple, mais qui rappelle que l'autisme n'est ni une maladie, ni une pathologie.



Je vous laisserais avec une autre de ses belles pensées :


"Chaque fois que vous croiserez quelqu'un qui vous parait bizarre ou différent, essayez d'être bienveillant. Moi, je vous semble peut-être bizarre, mais, pour ma famille, je suis parfaitement normale."


Voilà. Ma chronique s'arrête là.

Je vous invite sincèrement à lire ce livre

parce qu'il peut apporter beaucoup.

À beaucoup de gens.




Post-Scriptum :


Un fait assez intéressant : chaque fois que j'ai voulu écrire le mot "neuroatypique", le correcteur d'orthographe me l'a gentiment souligné de ses habituelles petites vaguelettes rouges. Il m'a proposé, à la place, de le remplacer par le terme "neurotypique".


Coïncidence ?

Je ne crois pas.




Et vous ?

Il vous tente ? Vous l'avez lu ?

Qu'en avez-vous pensé ?

3 commentaires
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